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Le Louvre-Lens expose le mignon, de l'Antiquité au kawaii

Le Louvre-Lens présente à Lens, du 23 septembre 2026 au 18 janvier 2027, une exposition sur le mignon, de l'Antiquité aux peintures kawaii. Elle est co-commissionnée par Annabelle Ténèze, directrice du musée, et Émilie Girard, directrice des musées de Strasbourg.

Par la rédaction Walensky · 4 min de lecture

Une salle de musée aux murs rose pâle, avec de petites peluches et un chat en céramique posés sur un socle devant un cadre doré.
Image d'illustration
  • 2026année d'ouverture de l'exposition, le 23 septembre
  • 20ans entre la blague d'étudiantes et l'exposition
  • an 1000avant notre ère, date du canard olmèque exposé

Le Louvre-Lens consacre à Lens une exposition au mignon, de l'Antiquité aux peintures kawaii, du 23 septembre 2026 au 18 janvier 2027. Elle est co-commissionnée par Annabelle Ténèze, directrice du musée, et Émilie Girard, directrice des musées de Strasbourg. Le terme japonais kawaii désigne ce qui est mignon.

Le projet est né d'une blague d'étudiantes, raconte Annabelle Ténèze. Vingt ans plus tard, les étudiantes en ont fait un projet sérieux. Annabelle Ténèze parle d'une réhabilitation de la guimauve et d'une révolution de la tendresse. Selon elle, le mignon est partout, dans les magasins comme sur les réseaux sociaux : musées et artistes ne peuvent l'ignorer.

Le parcours s'ouvre sur un personnage rond et rose, ambassadeur du mignonisme de Philippe Katerine, et sur un grand oiseau nacré de Jeff Koons. Le parcours réunit aussi des peintures et des porcelaines du XVIIIe siècle ornées de chérubins et de fleurs, ainsi qu'un espace immersif aux lueurs et senteurs douces.

Des critères du mignon aux œuvres anciennes

Quadro chaton acquerello - Innocenza felina - Edizione gatto American Shorthair Chez WalenskyChaton aquarelle InnocenceTableau Walensky
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L'exposition relève les critères du mignon : objets minuscules, formes arrondies, teintes pastel, matières moelleuses, grands yeux et grosse tête qui rappellent un bébé. Ils évoquent l'innocence et la vulnérabilité, et suscitent la tendresse, l'envie de protéger et de posséder. L'enfant et l'animal en sont les expressions les plus courantes.

Quadro Coniglio Innocenza con Occhi Dolci - edizione Pasqua Chez WalenskyLapin Innocence aux Yeux DouxTableau Walensky
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Les œuvres animales traversent les époques : un netsuke japonais de petit lapin (petite sculpture traditionnelle), un ours blanc de François Pompon, un petit singe embrassant sa mère, en pierre bleue porte-bonheur de l'Égypte ancienne. Un canard olmèque de l'an 1000 avant notre ère fait penser à un héros de dessin animé américain des années 1950. Annabelle Ténèze qualifie d'équivalent romain du nain de jardin une statue antique représentant un enfant potelé qui tient un toutou.

« Le mignon est un refuge. »

Émilie Girard, directrice des musées de Strasbourg et co-commissaire de l'exposition

Chats, doudous et paillettes dans les salles

Quadro Gatto dalle Orecchie Grandi Oro e Borgogna - Presenza Bizantina - Edizione Gatto Devon Rex Chez WalenskyChat Présence byzantineTableau Walensky
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Les salles thématiques sont consacrées aux chats, aux peluches, aux paillettes et au kawaii japonais. Dans la section des chats figurent un tableau ancien où des chatons s'amusent avec des rubans et des pelotes, le Chat potté de Shrek et des dessins de Leonor Fini. Tokuhiro Kawai, artiste japonais inspiré des peintres d'icônes, a peint spécialement un tableau de félins couronnés de grandes auréoles d'or.

Le rôle thérapeutique du mignon est évoqué avec les doudous pastel de Benoît Piéron, faits de vieux draps d'hôpital, et des photographies de soldats au front avec des chatons ou des chiots. Une section réunit les animaux familiers : teckels de David Hockney, chat d'Agnès Varda, chiens du photographe William Wegman.

Le parcours ne reste pas à la surface de la guimauve : pas question, prévient Annabelle Ténèze. Comme toujours au Louvre-Lens, il tire des réflexions sérieuses d'un sujet populaire et divertissant. Il aborde l'instrumentalisation du mignon par les totalitarismes, avec une photographie d'Hitler caressant un faon et des affiches de propagande montrant Staline parmi des fleurs et des enfants aux joues roses.

Les artistes contemporains prolongent la réflexion. Charles Hascoët peint des portraits de Furbys abandonnés, rachetés sur internet, pour évoquer la surproduction. Mireille Blanc livre des peintures crémeuses et sucrées, où le mignon devient vanité. Pascal Lièvre consacre une salle entière à des chefs-d'œuvre du Louvre recouverts de paillettes, pour faire écho à la place donnée aux cultures invisibilisées, populaires ou queer. Liliana Porter, artiste argentine, installe de minuscules personnages.

Notre regard

Cette exposition rappelle qu'un sujet jugé léger peut dire beaucoup de ce que nous aimons regarder. Chez soi, un tableau tendre ou drôle a toute sa place : il est souvent celui qui apaise, et c'est une bonne raison de l'assumer.

Source : Beaux Arts.