Actualité ·

Andreas Eriksson face à Ivan Aguéli, à l'Institut suédois de Paris

Avec « Soleil et Lune », l'Institut suédois, à Paris, consacre enfin le peintre suédois Andreas Eriksson. Ses grandes toiles y sont mises en regard d'œuvres d'Ivan Aguéli, peintre mort en 1917.

Par la rédaction Walensky · 3 min de lecture

Une salle d'exposition lumineuse avec deux grandes toiles aux teintes terreuses, près d'une fenêtre ouvrant sur un jardin.
Image d'illustration
  • 1975l'année de naissance d'Andreas Eriksson
  • 1869l'année de naissance d'Ivan Aguéli, à Sala
  • 2011la Biennale de Venise où Eriksson a exposé

L'Institut suédois, à Paris, présente l'exposition Soleil et Lune. Andreas Eriksson en dialogue avec Ivan Aguéli. Elle consacre enfin à Paris le peintre suédois Andreas Eriksson, né en 1975. Elle met ses grandes toiles en regard d'œuvres du peintre Ivan Aguéli (1869–1917). Sara Arrhenius, directrice de l'Institut, l'accompagne.

Sara Arrhenius dit avec fierté qu'Eriksson est l'un des artistes les plus importants de sa génération. Beaux Arts se réjouit de le voir enfin consacré à Paris. Diplômé de l'École royale des beaux-arts de Stockholm, il a représenté la Suède avec Pia Backström à la Biennale de Venise en 2011.

Quadro Echi delle Rocce Millenarie - Edizione Astratto Chez WalenskyÉchos des Rochers MillénairesTableau Walensky
à partir de 273,90 €
Voir le tableau →

Le parcours montre deux très grands tableaux aux teintes sourdes et terreuses, qui évoquent le sol du sud-ouest de la Suède, riche en sédiments et en minéraux. Dans de petites pièces voisines, deux autres grandes œuvres aux couleurs vibrantes, tantôt denses, tantôt translucides, font penser, selon Beaux Arts, à l'eau d'un lac ou d'une rivière. Dans le jardin, l'artiste a placé çà et là de petites mottes de terre coulées en bronze, très discrètes.

Un peintre retiré à la campagne

Quadro Lago Scintillante sotto i Raggi Mattutini - Edizione Signature Chez WalenskyLac Miroitant sous RayonsTableau Walensky
à partir de 273,90 €
Voir le tableau →

Au début des années 2000, Eriksson vit à Berlin et développe une hypersensibilité électromagnétique. Cette hypersensibilité le pousse à se retirer à la campagne, à Medelplana, au pied du plateau de Kinnekulle, qui domine le lac Vänern. Sa maison et son atelier y sont construits sur un ancien cimetière de l'âge du bronze.

Quadro Chiarezza all'Orizzonte - Edizione Espressionismo Astratto Chez WalenskyClarté à l'HorizonTableau Walensky
à partir de 273,90 €
Voir le tableau →

Selon Beaux Arts, ses toiles ressemblent moins à des paysages qu'à des strates, des fragments collectés lors de ses promenades quotidiennes. Il dit s'en remettre au hasard, avec une démarche spontanée proche de la méditation.

« Je n'ai pas vraiment de stratégie, je dois garder toutes les possibilités ouvertes. »

Andreas Eriksson, peintre

Eriksson est aussi collectionneur : il range dans son atelier des pigments, dont une poudre de météorite, et possède plusieurs œuvres d'Ivan Aguéli. Ces œuvres sont présentées dans l'exposition, aux côtés de prêts du Moderna Museet de Stockholm.

Ivan Aguéli, un peintre méconnu en France

Né à Sala en 1869, Ivan Aguéli est peintre, voyageur et mystique soufi, c'est-à-dire adepte d'une voie spirituelle de l'islam. Il est largement méconnu en France, selon Beaux Arts. Il a voyagé de Paris au Caire, a été brièvement emprisonné à Paris pour ses sympathies anarchistes et s'est converti à l'islam. Il expérimente : ses toiles simplifient les formes et jouent sur les couleurs.

Les contrastes sont nets, selon Beaux Arts : les peintures d'Aguéli, de petite taille, sont comparées à des talismans, face aux compositions monumentales d'Eriksson. Leur approche du paysage et leur palette diffèrent. Aguéli était un grand voyageur, alors qu'Eriksson peint toujours le même endroit. Beaux Arts voit pourtant un lien entre eux : plus d'un siècle les sépare, mais un flux invisible les relie.

Notre regard

Cette exposition montre qu'un paysage peut se peindre sans le représenter, par la terre, la couleur et la durée passée au même endroit. Chez soi, un tableau abstrait peut ainsi se regarder comme un lieu que l'on apprend à connaître avec le temps.

Source : Beaux Arts.