Colección · 135 obras

Cuadro de Lirio

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Il y a dans la collection Cuadro de Lirio une heure qui revient toujours : celle où la lumière baisse et où les pétales blancs deviennent la seule chose claire de la pièce. Vous y trouverez des bouquets dressés dans des vases bleus ou de verre, des blancs crémeux, des roses piquetés, des fonds grenat ou presque noirs. Rien d'agité : des fleurs hautes, quelques boutons encore fermés, et cette lumière rasante qui donne aux lys leur allure de cierge. Une collection pour les murs qui aiment le calme.

Todo sobre Cuadro de Lirio

Les Tableaux Lys rassemblent des fleurs coupées, dressées dans des vases et saisies à l'heure où la lumière décline. Ce ne sont ni des champs de fleurs ni des lys de jardin : ce sont des bouquets d'intérieur, posés sur une table ou près d'une fenêtre, avec ce que cela suppose de silence autour. Blanc crémeux, rose moucheté, bleu profond ou turquoise des vases, fonds grenat et bruns très sombres : la palette est courte, tenue, et se répète d'une toile à l'autre jusqu'à devenir la marque de l'ensemble.

L'unité de cette collection tient à deux choses simples, que l'œil repère avant de les nommer. La première est la verticale : le lys monte, sa tige est raide, ses feuilles s'accrochent en lames le long de la hampe et la fleur s'ouvre tout en haut, souvent doublée d'un bouton encore clos. La seconde est le bleu, presque toujours présent dans le contenant, qui sert de socle froid à des blancs que rien d'autre ne ferait paraître aussi chauds ni aussi vivants.

Accrochés, ces tableaux ne remplissent pas un mur : ils y creusent une profondeur. Les fonds sombres agissent comme une ouverture pratiquée dans la cloison, et les fleurs semblent avancer hors de cette obscurité. C'est une présence tranquille mais franche, plus solennelle que douce, qui installe un point de calme dans une entrée, une chambre, un bureau où l'on veille tard, un couloir éclairé par une seule lampe. Le tableau change d'ailleurs avec l'heure de la pièce, et se referme quand la lumière du soir descend.

Cette collection s'adresse à celles et ceux qui aiment les fleurs coupées sans vouloir de bouquets bavards. Si vous cherchez des couleurs éclatantes et une abondance joyeuse, vous serez plus à l'aise ailleurs. Si vous appréciez une fleur droite, un peu cérémonieuse, capable de tenir toute seule un pan de mur, et si les images du soir vous parlent davantage que celles de midi, vous êtes exactement au bon endroit.

Ce que le bleu des vases raconte dans les Tableaux Lys


Pourquoi les vases des Tableaux Lys sont-ils presque toujours bleus ?


Regardez ces tableaux Lys les uns après les autres : la fleur varie, le contenant beaucoup moins. Bleu profond, turquoise franc, verre transparent qui prend la couleur de l'ombre autour de lui — le vase tire vers le bleu presque à chaque fois. Ce n'est pas une lubie de peintre. Le blanc des pétales est une valeur extrême, presque sans couleur propre ; posé contre un bleu froid, il se réchauffe aussitôt, paraît crémeux, légèrement doré vers la gorge. Contre un pot brun ou vert, il s'éteindrait. Le bleu est ici un outil, pas un ornement.

L'habitude vient de loin. Les bouquets peints dans les ateliers du Nord posaient leurs fleurs dans des pots de faïence bleu et blanc, imités de la porcelaine venue de Chine, parce que le cobalt était à peu près le seul pigment capable de survivre à une cuisson à haute température. Le bleu n'était donc pas un choix de goût : c'était ce que la céramique savait faire, et rien d'autre. Des siècles plus tard, ces toiles en héritent sans y penser, et le vase bleu continue de servir de socle sombre à des fleurs qui, elles, montent vers la clarté.

Ce blanc et ce bleu sont ceux que l'archange tendait à Marie


Le couple qui domine ces tableaux Lys — un blanc éclatant, un bleu dense — n'a rien d'un hasard décoratif. C'est le duo de l'Annonciation, répété pendant des siècles : l'archange tend un lys blanc à une femme drapée d'un manteau bleu, et ce bleu-là valait plus cher que l'or, puisqu'on le broyait à partir d'une pierre venue de très loin. L'œil européen a été entraîné pendant six cents ans à lire ces deux couleurs ensemble. Quand elles reviennent aujourd'hui dans un simple bouquet posé sur une table, la solennité reste, même détachée de son récit.

C'est ce qui explique une impression souvent ressentie devant ces toiles : elles apaisent sans être douces. Un bouquet de pivoines console, un bouquet de lys impose silence. La différence tient à cet héritage, mais aussi à la forme de la fleur, droite, largement ouverte, tournée vers celui qui regarde comme une adresse directe. Dans une entrée ou au-dessus d'une console, ces bouquets créent une zone de calme légèrement cérémonieuse : ils tiennent la pièce plutôt qu'ils ne la réchauffent, et supportent très bien d'être seuls sur leur mur.

Sur quel mur accrocher ces Tableaux Lys pour que les pétales s'allument ?


Tout dépend de l'obscurité que la toile apporte déjà : ces tableaux Lys portent leur propre nuit, puisque les fonds sont bruns, grenat ou franchement noirs. Sur un mur pâle, cette masse sombre découpe un rectangle très net et les pétales blancs semblent s'allumer de l'intérieur : c'est le résultat le plus saisissant. Sur un mur foncé, le fond de la toile se confond avec la cloison et il ne reste plus que les fleurs, suspendues dans le noir, ce qui donne quelque chose de plus mystérieux, presque flottant. Les deux marchent ; ils ne racontent simplement pas la même chose.

Fonds grenat et nuits brunes : d'où vient l'éclat blanc des Tableaux Lys


Sans ces fonds grenat et noirs, le lys blanc n'existerait pas


Disons-le simplement : sur un fond clair, ces tableaux Lys n'existeraient pas. Le pétale blanc est la valeur la plus claire dont dispose un peintre ; posé sur une surface pâle, il s'évanouit, il devient un trou blanc dans du blanc. Les bruns profonds, les grenats et les noirs de cette collection ne sont donc pas une humeur de circonstance : ce sont les seules surfaces contre lesquelles un blanc peut se modeler, montrer ses gris bleutés dans les creux et sa lumière franche sur le bord retourné des pétales.

C'est la leçon des natures mortes anciennes, peintes sur des préparations rougeâtres ou sombres qu'on laissait respirer tout autour du bouquet. Le grenat, en particulier, n'est jamais neutre : c'est un rouge éteint, complémentaire du vert des tiges, qui fait vibrer les feuilles sans qu'on s'en rende compte. Une fois accroché, un fond pareil se comporte comme une ouverture creusée dans le mur : le regard entre dedans au lieu de glisser dessus, et la pièce paraît gagner quelques centimètres de profondeur de ce côté-là.

Ces Tableaux Lys peignent l'heure exacte où la fleur embaume


Le soir revient si souvent dans ces tableaux Lys qu'on peut y voir autre chose qu'un goût pour les atmosphères calmes. Les grands lys blancs en trompette redoublent de parfum à la tombée du jour : la corolle pâle, largement ouverte, sert de repère aux papillons de nuit, et l'odeur monte d'un coup en début de soirée dans une pièce fermée. Peindre un lys au crépuscule, c'est donc le peindre au moment où il agit le plus, où il occupe une pièce entière sans même qu'on le regarde.

Cela se voit dans la façon dont ces toiles sont éclairées. La lumière ne vient jamais de face : elle glisse par le côté, effleure le haut d'une corolle, laisse la moitié du bouquet dans une pénombre brune. Les boutons encore fermés restent presque invisibles, réduits à des fuseaux verts qu'on ne distingue qu'en s'approchant. Le peintre ne cherche pas à tout montrer : il montre ce que la fin du jour laisse voir, et l'ombre fait le reste du travail. C'est ce qui donne à ces bouquets leur air d'avoir été surpris plutôt que posés.

À l'opposé, quelques Tableaux Lys où la lumière traverse le pétale


Tous les tableaux Lys de cette collection ne sont pas nocturnes, et c'est précisément ce qui empêche l'ensemble de tourner en rond. Quelques-uns basculent à l'opposé, vers les premières heures : une lumière bleue et rasante entre par le côté, les pétales deviennent presque translucides, le verre du vase se met à briller au lieu d'absorber. Le lys supporte remarquablement cette lumière parce que sa fleur est mince, proche de la cire, et qu'un rayon la traverse de part en part au lieu de s'arrêter à sa surface.

Pour un mur, la différence est très concrète. Les toiles du matin apportent de la fraîcheur et supportent une pièce déjà claire, une cuisine, une salle à manger tournée vers l'est. Celles du soir demandent au contraire un coin plus abrité, où elles n'auront pas à lutter contre une grande fenêtre. Beaucoup de gens finissent par prendre les deux et les répartir dans des pièces différentes : la même collection donne alors deux heures du jour à un même logement, sans jamais se répéter d'une pièce à l'autre.

Le détail des pétales, ou comment lire un Tableau Lys de près


D'où viennent ces points sombres semés sur les pétales des Tableaux Lys ?


C'est le détail qui surprend le plus dès qu'on approche d'un tableau Lys rose ou crème : les pétales sont piquetés de petits points foncés, parfois de minuscules reliefs, comme une pluie de taches partant de la gorge. Rien d'accidentel là-dedans. Ces mouchetures sont des guides à nectar : elles tracent une piste que l'insecte suit jusqu'à la base de la fleur, là où se trouve le sucre. La fleur porte son mode d'emploi imprimé sur elle-même, et le peintre le recopie tache par tache.

Ces lys tachetés ne sont d'ailleurs pas les mêmes que les grands lys blancs unis. Ils descendent d'espèces venues du Japon, arrivées en Europe au dix-neuvième siècle puis croisées pour donner ces variétés roses et crème à la gorge sombre. La collection paraît ainsi hésiter entre deux mondes : d'un côté une fleur blanche et lisse, presque emblématique, de l'autre une fleur charnue, tavelée, franchement venue d'ailleurs. Les deux se retrouvent dans les mêmes vases bleus, et ce voisinage fait une bonne part du plaisir qu'on prend à l'ensemble.

Les étamines, que les fleuristes coupent et que ces toiles conservent


Regardez le centre d'un tableau Lys : six longues étamines sortent de la corolle, arquées, chargées d'une poudre rousse, et un pistil plus long encore les dépasse. Dans un vrai bouquet, ces étamines sont presque toujours retirées dès l'achat, parce que le pollen tache irrémédiablement une nappe ou une manche. Les peintres, eux, les gardent systématiquement. La raison est simple : ce roux orangé constitue la seule note chaude d'une image faite de blancs, de bleus et de verts. Retirez-la, et tout l'ensemble refroidit d'un coup.

Ce point de couleur minuscule joue un rôle démesuré sur un mur. Il donne à l'œil un endroit précis où se poser, il empêche le bouquet de se réduire à une masse pâle quand on le voit de loin, et il rappelle discrètement le grenat ou le brun du fond, ce qui recoud l'image. C'est aussi ce qui sépare une fleur peinte d'une fleur photographiée : le peintre garde délibérément ce que le fleuriste enlève, parce qu'il compose une image et non un bouquet destiné à tenir huit jours sur une table.

La verticale, voilà ce que les Tableaux Lys imposent à un mur


Une chose saute aux yeux dès qu'on aligne ces tableaux Lys : tout monte. Les tiges sont droites et raides, les feuilles s'accrochent le long de la hampe comme des lames, les fleurs s'ouvrent en haut, et un bouton encore clos prolonge souvent la ligne d'un cran au-dessus. Aucune autre fleur coupée ne se tient de cette façon. La conséquence est très concrète : ces images travaillent dans la hauteur, elles allongent un pan de mur étroit, se placent bien entre deux portes, au-dessus d'un dossier de siège ou dans une cage d'escalier.

FAQ sur les tableau lys


Les lys de ces tableaux ont-ils un rapport avec la fleur de lys des armoiries françaises ?


Presque aucun, et cela se voit à l'œil nu. L'emblème royal est un motif à trois branches, plat et symétrique, que la plupart des spécialistes rattachent à un iris des marais schématisé plutôt qu'à un véritable lys. Les fleurs de ces toiles sont des Lilium : six tépales largement ouverts en étoile, six étamines saillantes, une gorge profonde et parfois tachetée. Rien à voir avec un blason. Qui cherche une référence héraldique sera déçu ; qui aime les fleurs coupées sera comblé.

Qu'apporte un bouquet de lys qu'un bouquet de roses ou de pivoines n'apporte pas ?


Une direction. La rose et la pivoine forment des masses rondes, sans orientation, qui remplissent doucement un cadre. Le lys, lui, est une architecture : tige verticale, feuilles en lames, corolle ouverte qui pointe vers vous. L'image gagne en tension ce qu'elle perd en rondeur. Ajoutez le blanc, ce blanc laiteux et franc qu'aucune rose n'atteint et qui sert de source lumineuse dans une toile sombre. On choisit ces bouquets quand on veut de la présence plutôt que de la douceur.

Le lys blanc évoque les gerbes d'enterrement : ces tableaux ne sont-ils pas tristes ?


L'inquiétude est fréquente en France, où le lys blanc reste associé aux compositions funéraires. Ces toiles la désamorcent de deux façons. Par le contenant d'abord : ce sont des vases domestiques, bleus ou de verre, posés sur une table, jamais des couronnes. Par la couleur ensuite : le turquoise, le rose piqueté, le grenat et les crèmes chauds tirent l'ensemble vers l'intime. Ce qui subsiste, c'est le calme et une certaine solennité, pas le chagrin.