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De Monet à Hockney, le musée Marmottan raconte un siècle de paysages

À Paris, le musée Marmottan Monet présente jusqu'au 31 janvier « Histoires de paysages. De Monet à Hockney » : onze sections sur la façon dont les artistes ont regardé le paysage depuis 1918. On y croise Munch, Hopper, Mondrian ou Nicolas de Staël, et l'exposition ira ensuite à Grenoble.

Par la rédaction Walensky · 3 min de lecture

Mosaico de cinco cuadros, entre ellos Reflejos de Oro y Azul sobre las Dunas y Horizonte Infinito sobre los Acantilados
  • 11sections composent le parcours
  • 1918le point de départ : Monet offre deux Nymphéas à l'État
  • 2villes : Paris, puis Grenoble en 2027

Depuis le 24 septembre, le musée Marmottan Monet, à Paris, consacre une exposition au paysage : Histoires de paysages. De Monet à Hockney. L'historien de l'art Pierre Wat, qui en est le commissaire, l'a organisée en onze sections. Elle reste à Paris jusqu'au 31 janvier, puis sera montrée au musée de Grenoble du 5 mars au 4 juillet 2027.

Cuadro inspirado en Los Nenúfares de Claude Monet N°1 – Homenaje a Artista Famoso Chez WalenskyLes NymphéasTableau inspiré par Claude Monet
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Le parcours commence en 1918, l'année où Claude Monet offre deux Nymphéas à l'État français, et il va jusqu'à des peintres et des photographes d'aujourd'hui. Pour Pierre Wat, ce siècle qui débute par une guerre mondiale rapproche de nouveau le paysage et l'histoire : l'un et l'autre s'allient pour faire face à la violence du monde.

La guerre, premier paysage de l'exposition

La première section montre les deux guerres mondiales, sans grande peinture de bataille. Félix Vallotton peint Verdun vu d'en haut, le ciel traversé par les diagonales des projecteurs. Paul Nash, dans Mer morte (vers 1940), représente une étendue d'avions écrasés au sol. En face, une souche calcinée, cristallisée par Pascal Convert et son maître verrier Olivier Juteau, rappelle les paysages de l'Est de la France disparus sous les bombes.

De l'arbre de Mondrian au phare de Hopper

Très tôt, le paysage se rapproche de l'abstraction. Quand Piet Mondrian veut représenter un arbre, il supprime les détails et n'en garde que la verticalité et la vitalité. Nicolas de Staël, lui, travaille en atelier à partir d'un paysage vu en Sicile : dans Sicile (1954), il ne garde de la plaine d'Agrigente que deux couleurs, un jaune citron et un ocre, souvenirs de la chaleur de l'été.

Une section met côte à côte un Français parti peindre le Nord et deux peintres nordiques. Claude Monet y saisit les tons bleus et rosés d'une terre enneigée (Paysage de Norvège, 1895). Le Danois Vilhelm Hammershøi montre les collines de Zélande, le Finlandais Akseli Gallen-Kallela les terres vierges du Kenya. Aucun de ces paysages ne contient de figure humaine.

Cuadro inspirado en Noche en la avenida Karl Johan de Edvard Munch Nº1 – Homenaje a Artista Famoso Chez WalenskySoirée sur l'avenue Karl JohanTableau inspiré par Edvard Munch
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Le choix des œuvres est très personnel, et il réserve des découvertes. Près d'un paysage d'Edvard Munch, Nuit d'hiver (1923), sont accrochées les aquarelles de Gilbert Legube et les vues du lac Léman de Caroline Bachmann. Ailleurs, un paysage de Chaïm Soutine (vers 1923) fait face à une toile abstraite de Charles Pollock, le frère de Jackson Pollock : un fond vert uni traversé d'aplats noirs et brisés (1964).

« Le paysage, c'est un jeu entre espace et temps ».

Pierre Wat, commissaire de l'exposition
Cuadro inspirado en Nighthawks de Edward Hopper Nº2 – Homenaje a Artista Famoso Chez WalenskyNighthawksTableau inspiré par Edward Hopper
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Des toiles fortes jalonnent le parcours, signées Vallotton, Staël, Balthus ou Hopper. Lighthouse Hill (1927), d'Edward Hopper, est prêtée par le musée de Dallas : une colline vue d'en bas, un phare dressé dans le ciel, et un paysage qui semble fait pour durer toujours. Les œuvres réunies vont de 1890 à 2026.

Connaissance des Arts, qui a visité l'exposition, la résume en trois adjectifs : admirable, subjective et sans concession. Le magazine prévient qu'elle n'a rien de charmant : elle interroge la mémoire, l'environnement et ce que peut la création.

Notre regard

On pense souvent le paysage comme une image calme. Cette exposition rappelle qu'il peut aussi garder la trace d'une guerre, d'un voyage ou d'une lumière précise. C'est sans doute pour cela qu'on ne se lasse pas d'en regarder un, au musée comme chez soi.

Source : Connaissance des Arts.