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Le château de Hauteclaire, en Touraine, ouvre au public le 17 octobre

Le château de Hauteclaire, à Ports-sur-Vienne en Touraine, habité depuis 1966 par les tisserandes de l'atelier de la Martinerie, accueillera 700 visiteurs le 17 octobre lors du festival Ar(t]chipel. L'ouverture complète des espaces et du parc est visée à l'horizon 2030.

Par la rédaction Walensky · 3 min de lecture

Un grand métier à tisser dans un salon de château, entouré de tapisseries colorées accrochées aux murs de pierre
Image d'illustration
  • 700visiteurs accueillis le 17 octobre
  • 1 000tapisseries jacquard au moins dans le fonds
  • 7 000arbres plantés par les trois femmes dans le parc

Le château de Hauteclaire, à Ports-sur-Vienne (Indre-et-Loire), ouvrira au public le 17 octobre : 700 visiteurs y seront reçus dans le cadre du festival Ar(t]chipel. Les tisserandes de l'atelier de la Martinerie l'habitent depuis 1966. L'ouverture complète des espaces et du parc est visée à l'horizon 2030.

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Le projet est piloté par Ségolène Girard, présidente-fondatrice du fonds de la Martinerie. Âgée d'une trentaine d'années, conservatrice-restauratrice, elle a travaillé à Paris pour l'Assemblée nationale, le château de Versailles, le Louvre Abu Dhabi et des fonds privés. Elle vit au château depuis un an, dans une dépendance, et travaille bénévolement.

Jacqueline Hureau, 91 ans, est la seule survivante de l'atelier. Elle vit à l'étage et cohabite avec Ségolène Girard, qui dit qu'« il n'y a pas de rupture dans l'information ». Michèle Bourron, morte voici deux ans, avait eu l'idée d'ouvrir le château et d'en faire un musée.

Trois femmes et un château restauré de leurs mains

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Les trois tisserandes, Pat Gaillard (1929-2008), Michèle Bourron (1935-2024) et Jacqueline Hureau, se sont rencontrées dans les années 1950 aux Beaux-Arts de Paris. L'atelier est fondé en 1956 ; son nom vient de la rue de Luzillé où se trouvait leur premier atelier, dans une ancienne ferme. En 1966, elles achètent le château, bâti entre les XIVe et XVe siècles, à bas prix, auprès des fermiers qui l'occupaient.

Elles ont restauré elles-mêmes cet édifice de dix-sept pièces et fabriqué leurs meubles. Une salle de bain est ornée de mosaïques bleues portant des mots de Kabîr, tisserand et philosophe indien du XVe siècle. Elles ont aussi planté 7 000 arbres dans le parc. Leur mode de vie était sobre, avec une alimentation bio et végétarienne et une recherche d'autosuffisance.

Des tapisseries jacquard aux grands métiers

Les trois artistes pratiquaient aussi la peinture, le dessin, la céramique, la sculpture et la gravure. Côté tissage, elles sont passées de la broderie et du point de croix à la tapisserie de haute-lice, puis au jacquard, devenu leur signature. Presque toutes leurs tapisseries sont de grand format, et l'atelier possède l'un des plus grands métiers de haute-lice connus.

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Leurs sources vont du Moyen Âge fantasmé aux thèmes bibliques et paysans, en passant par la pensée de Jiddu Krishnamurti, qu'elles tenaient pour leur maître à penser, et la science-fiction, de Mœbius à Star Wars. Leurs cassettes vidéo comprennent Dune et Seul sur Mars. Des années 1960 aux années 1980, deux galeries ont vendu leurs œuvres ; ensuite, les trois femmes se sont retirées du marché de l'art.

Ce qui reste à faire

Le fonds comprend plus de 1 000 tapisseries jacquard, 300 peintures et 300 objets, en plus du château, dont la restauration est urgente. Les chantiers en cours sont l'inventaire des œuvres et la collecte de fonds. Un centre d'exposition est prévu à 900 mètres du château ; dès 2027, il servirait de point de départ pour faire découvrir l'histoire de l'atelier aux visiteurs.

Le château accueille déjà des visiteurs : un atelier de tissage pour quelques amateurs, et des résidences d'artistes, dont celle de l'illustratrice Laurine Kotte.

Notre regard

Ce lieu rappelle qu'un intérieur peut être l'œuvre de ceux qui l'habitent, jusqu'aux meubles et aux murs. Nous y voyons une invitation à considérer ce qui nous entoure comme une manière de vivre.

Source : Beaux Arts.