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Orsay restaure Un enterrement à Ornans de Courbet avec le C2RMF

Le Musée d'Orsay, avec le C2RMF, a restauré entre avril 2025 et juin 2026 Un enterrement à Ornans de Gustave Courbet. La toile, qui n'avait jamais connu de restauration d'envergure, retrouve ses couleurs et son format d'origine.

Par la rédaction Walensky · 3 min de lecture

Une grande salle de musée avec un vaste tableau sombre et, à côté, une table de restauration portant pinceaux et petits pots.
Image d'illustration
  • 1850l'année de sa présentation au Salon
  • 1884l'année du châssis que la toile a quitté
  • 1986l'année de son transfert du Louvre à Orsay

Le Musée d'Orsay a restauré Un enterrement à Ornans, de Gustave Courbet (1819-1877), avec le C2RMF, le Centre de recherche et de restauration des musées de France. Les travaux ont duré plus d'un an, d'avril 2025 à juin 2026. Le tableau, tenu pour le manifeste du réalisme, est de nouveau visible au musée et n'avait jamais connu de restauration d'envergure.

Les vernis jaunis et obscurcis masquaient la délicatesse de la palette de Courbet, explique Annick Lemoine, présidente du Musée d'Orsay. La toile est celle d'origine, mais elle s'était affaissée avec le temps. La restauration rend la fraîcheur de la touche et les nuances subtiles du tableau.

La toile a quitté son châssis de 1884. Elle a été dépliée sur ses pourtours et consolidée, puis fixée sur un support autotenseur, c'est-à-dire équipé de ressorts ajustables qui maintiennent la tension de la toile.

Un format d'origine retrouvé

Sur le bord inférieur, quelques centimètres de toile peints par Courbet lui-même étaient repliés et cachés depuis plus d'un siècle : ils sont de nouveau visibles, et le tableau a regagné son format initial. Ces centimètres retrouvés, selon la conservatrice :

« Ils redonnent à la fosse béante sa dimension centrale dans la composition ».

Isolde Pludermacher, conservatrice générale Peinture au Musée d'Orsay
Obraz inspirowany Pogrzebem w Ornais autorstwa Gustave'a Courbeta nr 2 – Hołd dla sławnego artysty Chez WalenskyUn enterrement à OrnansInspiré par Gustave Courbet
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La fosse est le centre géométrique et symbolique de l'œuvre : hommes et femmes de tous les âges et de toutes les catégories sociales s'y pressent. Sa profondeur apparaît accentuée par le manche de la houe, de nouveau visible, qui évoque le labeur du fossoyeur, un genou à terre. Le crâne posé près de la fosse est lui aussi remis en lumière.

Des détails et des couleurs révélés

Obraz inspirowany Nocą Strażniczą Rembrandta van Rijn N°1 – Hołd dla Wybitnego Artysty Chez WalenskyLa Ronde de nuitInspiré par Rembrandt van Rijn
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Les nuances terreuses du premier plan, occultées par le vernis jauni, reparaissent, avec les effets de matière produits par le couteau, qui évoquent Rembrandt ou Frans Hals. Apparaissent aussi les expressions des visages, les tissus et le reflet qui brille sur le seau d'eau bénite tenu par l'enfant de chœur. Les bas bleus de l'un des hommes près de la fosse, que le vernis faisait paraître d'un vert éteint, ont retrouvé leur teinte originelle, et un chien ses nuances.

Obraz inspirowany Pogrzebem w Ornans Gustave'a Courbeta N°1 – Hołd dla Sławnego Artysty Chez WalenskyUn enterrement à OrnansInspiré par Gustave Courbet
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Courbet a peint les habitants d'Ornans, son village natal, dont le curé. Dans le groupe des pleureuses figurent ses sœurs Zélie, Zoé et Juliette. À l'arrière-plan s'étendent les falaises calcaires et les méandres de la Loue. Isolde Pludermacher avance que l'enterrement est peut-être celui de la République.

Au Salon de 1850, le tableau fit scandale : Courbet y mettait sa virtuosité au service d'une scène ordinaire, qu'il peignait en très grand, un format que l'on réservait alors aux sujets historiques, religieux ou mythologiques. Le critique Jules-Antoine Castagnary compara la découverte de ce tableau à un coup de canon. Donné à l'État en 1881 par Juliette Courbet, le tableau fut accroché au Louvre jusqu'en 1986, puis transféré à Orsay.

Notre regard

Cette restauration montre qu'un tableau peut cacher longtemps une part de lui-même sous le temps et les vernis. Nous pouvons aussi regarder de plus près les œuvres que nous croyons connaître : leurs nuances et leur matière y gagnent en présence.

Source : Le Journal des Arts.