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Pontormo, maître oublié de la Renaissance, exposé à Rome
Les Écuries du Quirinal, à Rome, présentent jusqu'au 7 février 2027 une exposition de 80 œuvres du peintre toscan Pontormo. Philippe Costamagna, l'un des commissaires, y défend un artiste longtemps négligé par les historiens.
Par la rédaction Walensky · 3 min de lecture

- 80œuvres réunies aux Écuries du Quirinal
- 1932seule sortie de La Visitation de Carmignano
- 1963l'année du film La Ricotta de Pasolini
Les Écuries du Quirinal, à Rome, accueillent jusqu'au 7 février 2027 une exposition consacrée à Pontormo, peintre toscan actif dans la première moitié du seizième siècle. Franceinfo la range parmi les grandes expositions de 2026 à Rome. Elle réunit 80 œuvres.
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Pontormo est présenté comme un maître oublié de la fin de la Renaissance. Sa peinture se reconnaît à ses couleurs très vives et à la liberté de son trait, parfois jugée provocatrice. Cet oubli tient-il aux géants nés un peu avant lui : Vinci, Raphaël et Michel-Ange ?
Philippe Costamagna, l'un des commissaires, récuse cette lecture. Selon lui, ce sont peut-être les historiens qui ont placé Pontormo à l'ombre des géants, alors que l'exposition, elle, admire ces derniers.
« On n'est pas à l'ombre des géants, on admire les géants ! »
Philippe Costamagna, commissaire
Des dessins nourris de Michel-Ange et de Léonard
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Les dessins de Pontormo, explique Philippe Costamagna, doivent beaucoup à Michel-Ange et à Léonard. Il décrit une feuille où trois corps d'hommes nus sont étudiés de différentes façons. Il y voit la liberté et la rapidité du trait, et qualifie Pontormo de dessinateur sublime.
Des tableaux sortis de leurs églises
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Parmi les œuvres montrées, une pietà, c'est-à-dire une scène où la Vierge porte le Christ mort, a quitté une église de Florence, où elle était accrochée, malgré le risque de l'abîmer. C'est un immense tableau sur bois, aux couleurs presque fluorescentes selon Franceinfo.
La Visitation de Carmignano, chef-d'œuvre de Pontormo, n'était sortie qu'une seule fois, en 1932, avant cette exposition. Pour Philippe Costamagna, il était impossible de faire l'exposition sans elle.
Le rose, le jaune, l'orange et le rouge de Pontormo ont valu à l'artiste la détestation des historiens, raconte Philippe Costamagna. Les historiens y voyaient une perversité sans limite, et il ajoute que cette peinture est peut-être perverse en effet.
Sa redécouverte tardive doit beaucoup au cinéaste Pasolini, que Franceinfo qualifie d'autre provocateur. Dans son film La Ricotta (1963), un des rares plans tournés en couleur reprend la pietà de Pontormo.
Notre regard
Cette exposition rappelle qu'un artiste peut rester dans l'ombre longtemps à cause de jugements qui changent avec les époques. Elle encourage aussi chacun à faire confiance à ses propres yeux devant une couleur franche ou un trait libre.
Source : Franceinfo.
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