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Lionel Sabatté expose ses créatures au musée de la Chasse, à Paris

Le sculpteur Lionel Sabatté, nommé au Prix Marcel Duchamp 2025, présente de nouvelles séries au musée de la Chasse et de la Nature, à Paris, du 15 octobre au 21 février. Oiseaux métalliques, ours en ciment et créatures de poussière occupent les trois étages du musée.

Par la rédaction Walensky · 3 min de lecture

Une sculpture d'ours en ciment dans une salle de musée, entourée de petits oiseaux métalliques accrochés au mur
Image d'illustration
  • 3étages du musée occupés par l'exposition
  • 2017l'année de sa première invitation dans la cour
  • 1964la fondation du musée par les Sommer

Le musée de la Chasse et de la Nature, à Paris (IIIe arrondissement), accueille du 15 octobre au 21 février une exposition inédite de Lionel Sabatté, artiste nommé au Prix Marcel Duchamp 2025. Elle réunit plusieurs séries de créations récentes, autour de la perte et du rapport au vivant, et se présente comme un bestiaire en écho aux collections du musée.

La relation entre le musée et l'artiste remonte à près d'une dizaine d'années. En 2017, le musée l'a invité à investir sa cour, avec l'installation La Sélection de Parentèle, et a acquis trois hirondelles réalisées avec la poussière de ses salles.

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Dans la cour, un cerf en bronze accueille aujourd'hui le visiteur : Mort fertile (2026), fondu à la fonderie Chapon. L'animal est montré au moment où il perd ses bois, un instant rarement représenté dans l'histoire de l'art. Son dos rappelle tantôt un paysage, tantôt une motte de terre, et les bois sont ceux d'une branche d'olivier morte depuis plus d'un siècle.

« Pourquoi est-ce que l'on trouve la peau et les cheveux répugnants quand ils se détachent du corps ? Le dégoûtant m'intéresse ».

Lionel Sabatté, artiste

Un parcours qui suit les salles du musée

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La première salle explore l'oxydation, technique qui laisse le métal se transformer au contact de l'air : les compositions passent du bleu du cuivre à l'allure terreuse de la rouille. De petites chouettes sont réalisées par oxydation, avec de la terre de Lascaux, sur du carton de bois. Un grand ours, mi-grizzly mi-grotte, Grande Ourse (2026), est réalisé en ciment romain, un mélange de chaux et de pouzzolane, cendre volcanique. Ses traces de main évoquent l'art pariétal.

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Au premier étage, deux tapisseries monumentales, tissées à Aubusson, détournent une technique traditionnelle pour reconstituer un pelage de brebis, avec des fils de laine et du brou de noix. Dans la salle des trophées, quelques fusils de la collection cèdent la place à des Chevêches et des Inséparables solitaires : leurs corps de métal rappellent les canons voisins et leurs plumes sont recréées à coups de scie. Selon Connaissance des Arts, les oiseaux passent de proies à prédateurs.

Le salon de compagnie réunit des sculptures noires, antérieures à l'exposition et montrées pour la première fois au public, face aux tableaux de chasse du XVIIe siècle. Pour l'artiste, ces formes sont des personnages comprimés comme par un volcan, qui vacillent au bord de l'informe.

Une forêt de créatures hybrides au deuxième étage

Le deuxième étage montre plusieurs sérigraphies géantes de photographies de bois prises par l'artiste, qui apparaissent grâce à de la poussière issue du château de Chambord et de l'atelier. Cette forêt abrite des créatures hybrides pollinisatrices.

Les papillons sont réparés avec des morceaux d'insectes abîmés venus de chez le naturaliste Deyrolle ; leur corps est fait de bouts d'ongles de l'artiste. Sur un autre mur, une population d'insectes naît d'une ruche morte : pour Lionel Sabatté, c'est une nouvelle symbiose de créatures capables de féconder.

Notre regard

Faire naître de la beauté de ce que l'on jette, la poussière, les ongles, la rouille, change notre manière de regarder la matière. Une œuvre peut tenir autant à ce dont elle est faite qu'à ce qu'elle représente.

Source : Connaissance des Arts.