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Eva Gonzalès, seule élève de Manet, au Petit Palais
Le Petit Palais, à Paris, présente jusqu'au 24 janvier une centaine d'œuvres d'Eva Gonzalès, seule élève d'Édouard Manet. Il s'agit de sa première rétrospective depuis 1885, montée avec le Van Gogh Museum d'Amsterdam.
Par la rédaction Walensky · 4 min de lecture

- 1885l'année de la dernière rétrospective de l'artiste
- 100œuvres environ, montrées au Petit Palais
- 36ans, l'âge de sa mort, d'une embolie
Le Petit Palais, à Paris, présente l'exposition Eva Gonzalès. Parcours d'une artiste libre jusqu'au 24 janvier. Elle réunit une centaine d'œuvres et a été montée avec le Van Gogh Museum d'Amsterdam. La dernière rétrospective de cette peintre remontait à 1885, deux ans après sa mort.
Eva Gonzalès est née dans un milieu d'artistes et fut la seule élève d'Édouard Manet. Sa carrière a été courte : elle est morte à 36 ans d'une embolie, après son mariage avec Henri Guérard et la naissance de leur fils. Elle n'a jamais participé aux Expositions impressionnistes des années 1870-1880.
Sa formation commence dans l'atelier de Charles Chaplin, ouvert aux femmes alors que l'École des Beaux-Arts leur était interdite. Jusqu'en 1869, elle y côtoie Louise Abbéma et Mary Cassatt. Elle reprend de Chaplin le motif de la jeune fille à la peau nacrée, peinte dans des blancs vaporeux ; on peut voir dans l'exposition Le Rêve, tableau de Chaplin lui-même et non d'Eva Gonzalès, prêté par le musée des Beaux-Arts de Marseille.
Face à Manet, des dialogues d'œuvres
Chez WalenskyCitrons jaunes et théièreTableau Walenskyà partir de 273,90 €
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Elle rencontre Manet chez le peintre Alfred Stevens, deux ans après l'affaire de l'Olympia. Le parcours met en parallèle deux natures mortes aux poissons : Anguille et rouget (1864) de Manet et Nature morte au poisson et moules (vers 1870) de Gonzalès. En 1870, son Enfant de troupe sur fond noir répond au Fifre de Manet, sur fond beige.
Elle propose ses toiles au Salon officiel. Une loge aux Italiens y est refusée en 1874 ; le tableau montre, sur l'arrière-plan sombre d'une salle de spectacle, sa sœur Jeanne, vêtue de bleu, et à ses côtés Henri Guérard, son futur mari. Selon Connaissance des Arts, le jury y a sans doute reconnu, dans le bouquet de fleurs, un écho de celui de Manet. Cinq ans plus tard, Eva Gonzalès présente de nouveau la toile et celle-ci est admise.
Un parcours entre chefs-d'œuvre et réserves
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Au cœur du parcours, Jeune fille au réveil est présentée comme le chef-d'œuvre de l'exposition, non loin du portrait de Marguerite de Conflans, amie de l'artiste. Ce tableau, Le Réveil (1877), huile sur toile conservée à la Kunsthalle Bremen, a pour modèle sa sœur Jeanne, dans des bleus et blancs, près d'une table de chevet en marqueterie où est posé un bouquet de violettes. L'Alcôve (1878) et La Femme en rose (1879) sont aussi présentées.
Chez WalenskyFemme aux Fleurs PassionTableau Walenskyà partir de 273,90 €
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En fin de carrière, elle peint des portraits de jeunes femmes en roses poudrés, quelques natures mortes de fleurs à la manière de Fantin-Latour et des paysages normands. Selon Connaissance des Arts, La Promenade à âne et Miss et bébé sont plus originales, même si l'ombre de Manet et de son Chemin de fer reste présente.
Une section est consacrée à Henri Guérard, peintre et graveur, probablement présenté à Eva Gonzalès par Manet. Soutien indéfectible, il l'épouse en 1879 et grave certaines de ses œuvres, ce qui accroît leur diffusion. On y voit quelques toiles, dont une vue nocturne d'un port, et des éventails (vers 1879-1885) à la gouache ou à l'aquarelle, influencés par le japonisme. Des contrepoints sont offerts par Berthe Morisot, Mary Cassatt et Marie Bracquemond.
Selon Connaissance des Arts, l'exposition tente de redonner de la valeur à une œuvre assez brève, où les motifs reviennent souvent. Le magazine juge le sous-titre « artiste libre » accrocheur mais trompeur, la carrière s'étant déroulée dans un cadre très bourgeois. Il estime qu'une dizaine d'œuvres, dont Une loge aux Italiens et Jeune fille au réveil, valent réellement le déplacement, alors que de très nombreuses huiles et pastels trahissent sa dette envers Manet.
Notre regard
Cette rétrospective rappelle qu'une œuvre peut longtemps rester dans l'ombre d'un maître avant qu'on la regarde pour elle-même. Nous y voyons l'envie de s'arrêter devant un tableau sans le comparer, pour y chercher la couleur et la lumière propres à celle qui l'a peint.
Source : Connaissance des Arts.












