En poussant la porte d'une boutique Hermès à Paris, New York ou Tokyo, on découvre bien plus qu'une maroquinerie de luxe. Accrochés aux murs lambrissés, entre les carrés de soie et les sacs emblématiques, trônent des tableaux équestres du XVIIIe siècle. Des chevaux cabrés, des scènes de chasse à courre, des portraits équestres dans des cadres dorés anciens. Cette mise en scène n'est pas anodine : elle raconte l'âme même de la maison.
Voici ce que ces tableaux équestres apportent aux boutiques Hermès : ils ancrent la marque dans son héritage de sellier-harnacheur fondé en 1837, créent une atmosphère d'élégance aristocratique intemporelle, et transforment chaque espace de vente en cabinet de curiosités où l'art dialogue avec l'artisanat.
Beaucoup de visiteurs se demandent pourquoi une marque de luxe contemporaine investit dans des œuvres d'art ancien plutôt que dans l'art contemporain comme ses concurrents. Cette interrogation est légitime à une époque où les flagship stores rivalisent d'installations avant-gardistes. Pourtant, cette stratégie artistique révèle une cohérence narrative profonde. Loin d'être un simple décor nostalgique, ces tableaux équestres racontent une histoire de transmission, de savoir-faire et d'excellence qui résonne encore aujourd'hui. Découvrons ensemble pourquoi Hermès a fait de l'art équestre du XVIIIe siècle le gardien silencieux de son identité.
L'héritage sellier : quand le cheval était au cœur de tout
Pour comprendre la présence de ces tableaux équestres dans les boutiques Hermès, il faut remonter aux origines. En 1837, Thierry Hermès ouvre son atelier rue Basse-du-Rempart à Paris, spécialisé dans la confection de harnais et de selles pour chevaux. À cette époque, le cheval n'est pas un loisir : il est le moyen de transport, l'outil de travail, le symbole de statut social. Les aristocrates, les militaires, les bourgeois fortunés commandent leurs équipements équestres comme on achète aujourd'hui une automobile de prestige.
Les tableaux équestres du XVIIIe siècle capturent précisément cette époque où l'équitation était un art noble. Ces œuvres représentent des chevaux arabes aux robes lustrées, des scènes de vénerie dans les forêts royales, des portraits équestres de personnalités en habit de chasse. Elles témoignent d'un monde où la relation homme-cheval exigeait une maîtrise technique absolue et un raffinement esthétique sans compromis.
En exposant ces tableaux, Hermès ne fait pas seulement de la décoration d'intérieur. La maison affirme sa généalogie artisanale : nous venons de là, de cette exigence du geste parfait, du cuir travaillé à la main pour épouser le mouvement du cheval. Chaque tableau devient un certificat d'authenticité visuel, rappelant que les sacs iconiques d'aujourd'hui descendent directement des selles d'exception d'hier.
Une scénographie aristocratique : créer l'expérience du château
Entrer dans une boutique Hermès, c'est comme pénétrer dans un hôtel particulier du faubourg Saint-Germain. Les tableaux équestres anciens participent pleinement à cette atmosphère de demeure aristocratique. Encadrés de boiseries, éclairés par des appliques en laiton, ils transforment l'espace commercial en salon de réception.
Cette scénographie répond à une psychologie subtile du luxe. Les clients qui franchissent le seuil ne viennent pas simplement acheter un accessoire : ils recherchent une expérience d'élévation sociale et culturelle. Les œuvres du XVIIIe siècle, avec leur patine du temps, leur technique picturale maîtrisée et leurs sujets nobles, confèrent une légitimité culturelle instantanée.
Contrairement aux installations contemporaines éphémères, ces tableaux équestres installent une permanence rassurante. Ils suggèrent que les valeurs d'Hermès – la qualité, la durabilité, l'élégance discrète – traversent les siècles sans se démoder. Le client qui acquiert un sac Birkin ne suit pas une tendance passagère : il s'inscrit dans une continuité historique incarnée par ces chevaux cabrés sur les murs.
Le mobilier comme écrin muséal
Autour de ces tableaux équestres, Hermès compose un mobilier qui évoque les cabinets de curiosités : vitrines en bois précieux, fauteuils club en cuir patiné, tapis persans. Chaque élément dialogue avec les œuvres pour créer un univers sensoriel cohérent. On ne vend pas des produits dans un showroom froid, on présente des objets d'art dans un écrin digne de leur facture.
L'art comme certificat d'authenticité silencieux
Dans l'industrie du luxe contemporain, l'authenticité est devenue la denrée la plus précieuse. Face à la prolifération des marques de luxe accessibles et des contrefaçons, les maisons historiques doivent prouver leur légitimité. Les tableaux équestres du XVIIIe siècle agissent comme des certificats d'authenticité muets mais éloquents.
Ces œuvres d'art ne peuvent pas être imitées facilement. Elles nécessitent un investissement culturel et financier considérable : constitution de collections, expertise en histoire de l'art, conservation préventive. Une marque récente ne peut pas simplement copier cette stratégie sans paraître artificielle. L'art ancien crée ainsi une barrière symbolique entre les maisons de luxe patrimoniales et les nouveaux entrants.
De plus, ces tableaux équestres parlent un langage universel. Qu'on soit à Shanghai, à Dubaï ou à Londres, un portrait équestre du XVIIIe siècle évoque immédiatement l'aristocratie européenne, l'excellence artisanale et le raffinement culturel. Cette iconographie transcende les frontières et les cultures, véhiculant les mêmes valeurs de prestige et d'élégance intemporelle.
Quand le cheval devient métaphore de l'excellence
Au-delà de l'ancrage historique, le cheval représenté dans ces tableaux du XVIIIe siècle incarne des valeurs précises. Dans la peinture équestre classique, l'animal n'est jamais un simple sujet décoratif. Il symbolise la noblesse de caractère, la puissance maîtrisée, l'élégance naturelle.
Les artistes du XVIIIe siècle, comme George Stubbs en Angleterre ou Jean-Baptiste Oudry en France, étudiaient l'anatomie équine avec une précision scientifique. Leurs tableaux équestres capturaient la musculature en tension, le mouvement suspendu, l'intelligence dans le regard de l'animal. Cette attention au détail anatomique résonne directement avec l'obsession d'Hermès pour la perfection technique et la beauté fonctionnelle.
Quand un client contemple un tableau équestre du XVIIIe siècle dans une boutique Hermès, il perçoit inconsciemment un parallèle : de même que ces peintres étudiaient chaque muscle pour saisir l'essence du cheval, les artisans Hermès examinent chaque point de couture pour atteindre la perfection. Le cheval devient métaphore de l'excellence artisanale transmise de génération en génération.
La leçon du dressage classique
Les scènes de dressage fréquentes dans ces tableaux équestres enseignent une philosophie : la vraie élégance naît de la discipline et de la répétition du geste juste. Un cheval de haute école exécutant une courbette exige des années d'entraînement quotidien. De même, un artisan sellier Hermès répète les mêmes gestes des milliers de fois pour atteindre la maîtrise. Cette éthique de l'effort invisible transparaît dans chaque œuvre accrochée aux murs.
Une collection vivante : l'art au service de la narration de marque
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, Hermès ne se contente pas d'acheter des tableaux équestres anciens au hasard. La maison a développé au fil des décennies une véritable collection d'art équestre, constituée avec l'aide d'experts et de conservateurs. Certaines œuvres proviennent de ventes aux enchères prestigieuses, d'autres sont découvertes chez des antiquaires spécialisés.
Cette collection est vivante : elle circule entre les différentes boutiques du réseau mondial, créant des rotations qui renouvellent l'expérience des clients réguliers. Un tableau équestre du XVIIIe siècle exposé à Londres peut se retrouver six mois plus tard dans la boutique de Beverly Hills. Cette circulation crée une unité narrative globale : où que vous soyez dans le monde, vous retrouvez l'âme Hermès incarnée par ces œuvres patrimoniales.
Hermès organise également des expositions thématiques temporaires dans certaines de ses boutiques phares, mettant en lumière des aspects spécifiques de l'art équestre : les chevaux arabes, les scènes de vénerie, les portraits équestres féminins. Ces événements culturels transforment les espaces de vente en lieux de médiation artistique, renforçant le positionnement d'Hermès comme maison de culture autant que de commerce.
L'opposition stratégique à l'art contemporain
Alors que Louis Vuitton collabore avec Jeff Koons, que Prada ouvre des fondations d'art contemporain et que Dior invite des artistes vivants à réinterpréter ses codes, Hermès fait un choix radicalement différent. En privilégiant les tableaux équestres du XVIIIe siècle, la maison affirme une identité distincte dans l'univers du luxe.
Ce choix n'est pas conservateur par refus de la modernité, mais par cohérence narrative. L'art contemporain, par nature disruptif et questionnant, entrerait en contradiction avec les valeurs de permanence et de tradition qu'Hermès incarne. Un tableau de Damien Hirst ou une installation de Takashi Murakami créerait une dissonance avec l'univers feutré des selleries et l'élégance intemporelle des carrés de soie.
En revanche, les œuvres équestres du XVIIIe siècle parlent le même langage visuel que les produits Hermès : précision technique, palette chromatique raffinée, équilibre des compositions. Un portrait équestre de George Stubbs, avec ses bruns chauds, ses verts profonds et ses ors subtils, dialogue naturellement avec un sac Kelly en cuir fauve ou une ceinture en veau Box.
Cette opposition stratégique permet aussi à Hermès d'occuper un territoire unique dans l'imaginaire du luxe. Tandis que ses concurrents courtisent la clientèle avide de nouveauté et d'avant-garde, Hermès séduit ceux qui recherchent la pérennité, la discrétion et le raffinement classique. Les tableaux équestres anciens sont les ambassadeurs visuels de cette promesse alternative.
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De la boutique à votre intérieur : s'inspirer de la scénographie Hermès
La stratégie artistique d'Hermès offre des leçons précieuses pour aménager son propre espace. Plutôt que d'accumuler des œuvres disparates suivant les tendances, on peut constituer une collection thématique cohérente qui raconte une histoire personnelle.
Si vous êtes passionné d'équitation, de nature ou d'histoire, des reproductions de qualité de tableaux équestres du XVIIIe siècle peuvent structurer votre décoration. Encadrées sobrement dans des baguettes en bois naturel ou dorées à la feuille, ces œuvres apportent instantanément une profondeur culturelle à un salon, un bureau ou une bibliothèque.
L'important est de créer un dialogue entre les œuvres et le mobilier. Autour de tableaux équestres, privilégiez des matières naturelles : cuir patiné, bois foncé, lin brut, laiton ancien. Évitez les contrastes trop marqués avec du mobilier ultra-contemporain ou des couleurs criardes. L'objectif est de recréer cette atmosphère feutrée et intemporelle qui caractérise les boutiques Hermès.
Pensez aussi à l'éclairage : les tableaux anciens gagnent à être éclairés par des appliques ou des lampes qui créent une lumière chaude et indirecte, comme dans les musées. Cette attention aux détails transforme un simple accrochage en véritable scénographie d'intérieur.
Conclusion : quand l'art ancien devient modernité absolue
Les tableaux équestres du XVIIIe siècle dans les boutiques Hermès sont bien plus qu'un décor : ils constituent le manifeste visuel d'une philosophie de marque. Dans un monde obsédé par la nouveauté et l'instantanéité, Hermès fait le pari de la permanence et de la transmission. Ces œuvres rappellent que la vraie modernité n'est pas dans l'agitation des tendances, mais dans la fidélité à une vision exigeante de l'excellence.
La prochaine fois que vous pousserez la porte d'une boutique Hermès, prenez le temps de contempler ces chevaux cabrés, ces scènes de chasse, ces portraits équestres. Ils vous racontent l'histoire d'une maison qui a su transformer un atelier de sellerie du XIXe siècle en empire du luxe mondial, sans jamais renier ses origines. Et peut-être vous inspireront-ils à créer, chez vous, un espace où l'art et l'artisanat dialoguent avec la même élégance intemporelle.
FAQ : Vos questions sur les tableaux équestres chez Hermès
Hermès expose-t-il uniquement des tableaux équestres du XVIIIe siècle ?
Principalement, oui, mais la maison possède également des œuvres du XIXe siècle et quelques pièces contemporaines d'artistes qui travaillent sur le thème équestre dans un style classique. L'essentiel de la collection se concentre toutefois sur le XVIIIe siècle, considéré comme l'âge d'or de la peinture équestre européenne. Cette période correspond à l'apogée de l'équitation comme art noble et pratique sociale aristocratique. Les artistes de cette époque, formés à l'observation anatomique rigoureuse et à la composition classique, ont créé des œuvres qui incarnent parfaitement les valeurs d'excellence et de raffinement qu'Hermès souhaite transmettre. La maison fait aussi occasionnellement l'acquisition de gravures anciennes et de dessins préparatoires qui enrichissent cette collection patrimoniale.
Ces tableaux sont-ils à vendre ou font-ils partie de la collection permanente ?
Les tableaux équestres exposés dans les boutiques Hermès font partie de la collection privée de la maison et ne sont généralement pas à vendre. Ils constituent un patrimoine artistique que la marque a constitué au fil des décennies et qu'elle considère comme partie intégrante de son identité. Certaines œuvres circulent entre les différentes boutiques du réseau mondial, permettant de renouveler la scénographie et de faire découvrir différents aspects de l'art équestre aux clients. Occasionnellement, lors d'expositions thématiques ou d'événements culturels organisés par Hermès, certaines pièces majeures de la collection sont prêtées à des musées partenaires. Cette politique de conservation témoigne de l'engagement d'Hermès envers le patrimoine culturel, positionnant la maison comme gardienne d'un héritage artistique qu'elle souhaite transmettre aux générations futures plutôt que comme simple collectionneuse spéculative.
Comment intégrer ce style de décoration chez soi sans budget de collectionneur ?
Excellente nouvelle : vous n'avez pas besoin d'acquérir des tableaux équestres authentiques du XVIIIe siècle pour recréer cette atmosphère élégante. De nombreux musées proposent des reproductions haute qualité de leurs collections, notamment le Louvre, le Metropolitan Museum ou la National Gallery. Recherchez des impressions sur toile avec encadrement sobre en bois naturel ou doré discret. Privilégiez la qualité sur la quantité : mieux vaut un seul grand tableau bien encadré que plusieurs petites reproductions. Complétez avec des éléments décoratifs cohérents : des objets en cuir patiné, des livres anciens sur l'équitation, une lampe de bibliothèque en laiton. L'astuce est de créer un univers sensoriel homogène avec une palette restreinte de couleurs naturelles : bruns, verts profonds, beiges, ors. Pensez aussi aux brocantes et aux antiquaires qui proposent parfois des gravures équestres anciennes à des prix très abordables. L'important n'est pas l'authenticité des œuvres mais la cohérence de l'ensemble et l'attention portée aux détails de présentation.











