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Le Louvre consacre une rétrospective à Francisco de Zurbarán

Le musée du Louvre, à Paris, présente une rétrospective du peintre espagnol Francisco de Zurbarán, organisée avec la National Gallery de Londres et l'Art Institute of Chicago. Le commissariat est assuré par Charlotte Chastel-Rousseau, conservatrice en chef au département des Peintures.

Par la rédaction Walensky · 3 min de lecture

Un visiteur de dos devant un grand tableau sombre représentant un moine en habit blanc, dans une salle de musée feutrée.
Image d'illustration
  • 1614année où Zurbarán part de sa terre natale pour Séville
  • 21peintures commandées par le couvent Saint-Paul
  • 22tableaux commandés par la Merced Calzada

Le musée du Louvre consacre à Paris une exposition rétrospective à Francisco de Zurbarán, organisée avec la National Gallery de Londres et l'Art Institute of Chicago. Le commissariat est assuré par Charlotte Chastel-Rousseau, conservatrice en chef au département des Peintures du musée. Selon Beaux Arts, l'exposition veut faire voir toute l'étendue de la carrière de Zurbarán et la façon dont son style n'a cessé d'évoluer.

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Le parcours réunit des chefs-d'œuvre et des découvertes récentes. Il se divise en plusieurs sections : Zurbarán coloriste, peintre de natures mortes, chef d'atelier, puis ses dernières œuvres, et enfin sa filiation avec l'École de Séville, où son art a pris racine.

Zurbarán a été révélé au public français en 1838, quand le Louvre a ouvert sa galerie espagnole, à l'époque romantique. Au XIXe siècle, on a fait de lui un peintre mystique, un disciple du Caravage tout entier voué à l'austérité des moines. Cette étiquette, selon Beaux Arts, a longtemps empêché de voir ses autres facettes.

Un chef d'atelier à Séville

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Né à Fuente de Cantos, en Estrémadure, il quitte sa terre natale en 1614, à seize ans, pour Séville. En janvier 1626, il signe avec le couvent Saint-Paul un contrat pour 21 peintures. Dès ces œuvres apparaissent ses traits : lumière très contrastée qui sculpte les visages, personnages grandeur nature, rendu précis des tissus.

En 1629, le conseil municipal de Séville lui demande de s'installer définitivement dans la ville. Il dirige alors un atelier d'assistants : le couvent de la Merced Calzada lui commande 22 tableaux en une année, et l'atelier en produit la moitié à lui seul. Il vend aussi aux Amériques : c'est au Pérou que se trouvent aujourd'hui le plus de peintures sorties de son atelier.

Charlotte Chastel-Rousseau rappelle que le peintre a su satisfaire une société profondément chrétienne, dans une ville de grand commerce. Il a élaboré un vocabulaire propre, en lien avec la Réforme catholique, dont il est un interprète talentueux. À propos de Borreguillo, un agneau entravé sur fond noir, elle observe :

« Zurbarán joue ici sur l'ambiguïté de la représentation et peint avec une précision inouïe le manteau laineux de son sujet ».

Charlotte Chastel-Rousseau, conservatrice en chef au département des Peintures du Louvre

De la cour de Madrid aux dernières années

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Appelé à la cour en juin 1634, par l'intermédiaire de Vélasquez, il décore le palais du Buen Retiro à Madrid, érigé par Philippe IV. Il y peint notamment les Dix Travaux d'Hercule. Il revient ensuite à Séville, où il réalise des ensembles pour la chartreuse de Jerez et pour le monastère de Guadalupe.

Après l'épidémie de peste de 1649, qui décime la moitié de la population sévillane, il perd son fils Juan, âgé de 29 ans. Il part pour Madrid à la fin du printemps 1658. Ses peintures tardives sont plus suaves, de format plus petit, avec des thèmes intimistes comme les Vierges à l'Enfant. Charlotte Chastel-Rousseau juge fausse l'idée d'un peintre mort dans la pauvreté.

Parmi les œuvres des dernières années figure une Crucifixion du Christ avec un peintre, décrite comme un testament artistique. Le peintre, palette en main, contemple le Christ ; il pourrait s'agir d'un autoportrait, sans certitude.

Notre regard

On connaît souvent Zurbarán par une seule image, celle du moine dans l'ombre. Cette rétrospective montre combien un peintre peut dépasser l'étiquette qu'on lui a donnée, et cela vaut aussi pour les tableaux que nous gardons chez nous : ils ont souvent plus à dire qu'un premier regard.

Source : Beaux Arts.