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Un Cranach l'Ancien ouvre le nouvel espace parisien de De Jonckheere
La galerie De Jonckheere présente à Paris, jusqu'au 20 novembre, un Portrait de jeune femme en tenue de cour de Lucas Cranach l'Ancien. Le tableau est le clou de l'exposition inaugurale de son nouvel espace parisien, et l'expert Éric Turquin y voit une critique voilée de la hiérarchie catholique.
Par la rédaction Walensky · 3 min de lecture

- 1472année de naissance de Lucas Cranach l'Ancien
- 37,1centimètres de hauteur pour le panneau de tilleul
- 20novembre, dernier jour de l'exposition à Paris
La galerie De Jonckheere présente à Paris, dans son nouvel espace, un Portrait de jeune femme en tenue de cour de Lucas Cranach l'Ancien (1472-1553). Le tableau est la pièce maîtresse de l'exposition inaugurale, consacrée aux maîtres des Pays-Bas occidentaux, qui marque le retour de la galerie à Paris. L'exposition se tient jusqu'au 20 novembre, avec une entrée gratuite.
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Le tableau avait été dévoilé à Frieze Masters par la galerie. Il date d'environ 1525-1535 et a été peint à l'huile sur un panneau de tilleul de 37,1 x 25,2 cm, dans un état de conservation remarquable.
Une inconnue au chapeau rouge
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Le modèle est une jeune femme dont l'identité reste inconnue. Elle porte un chapeau de velours rouge, une robe raffinée et opulente, un collier en chaînes ouvragées, et ses mains gantées, croisées, sont ornées de bagues. Son regard est oblique. Connaissance des Arts décrit une attitude suave et discrètement aguicheuse, une ambiguïté sibylline, comme une Ève maniériste aux accents humanistes.
Le portrait rappelle une autre œuvre de Cranach, une Vénus nue coiffée d'un chapeau de cardinal. Selon Éric Turquin, expert en tableaux anciens, le chapeau est pourpre, comme celui d'un cardinal. Vers 1525-1530, on ignore si le peintre s'est déjà converti au protestantisme. Selon Éric Turquin, le tableau est de toute évidence une critique voilée de la hiérarchie catholique et des mœurs des Borgia, une allusion que tous comprenaient en Allemagne en 1530.
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Cranach était le peintre officiel de la cour de Saxe, contemporain d'Albrecht Dürer et de Hans Holbein le Jeune. Selon Connaissance des Arts, Cranach, ami de Martin Luther et de penseurs humanistes, illustre l'esprit de la Réforme par le Weibermacht (« pouvoir des femmes »), thème qui renverse les valeurs établies. Il signait d'un serpent ailé, auquel la figura serpentinata, issue du maniérisme, ferait écho, tout comme à l'Ève tentatrice et le serpent.
Un parcours connu depuis le XVIIIe siècle
Le panneau est resté en mains privées depuis le XVIIIe siècle. Il a appartenu à James Whatman (1702-1759), papetier anglais inventeur du papier vélin, puis à ses héritiers. Selon Éric Turquin, il est connu depuis cette époque dans une collection anglaise et a été vendu à Londres en 2004, sans problème de provenance.
Le tableau vient d'une collection privée suisse, à laquelle la galerie De Jonckheere l'avait cédé voilà vingt ans.
Notre regard
Ce portrait montre qu'un visage peut garder sa part de mystère, et qu'un simple chapeau peut changer le sens de toute une image. Chez soi, on peut aimer un tableau pour ce qu'il montre, et aussi pour ce qu'il laisse deviner.
Source : Connaissance des Arts.






