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Paris : le musée Bourdelle montre ce que les artistes ont porté
Le musée Bourdelle, à Paris, présente l'exposition « L'Étoffe de l'artiste », consacrée aux vêtements et accessoires d'artistes. Du XVIIIe siècle à Joseph Beuys, elle montre comment l'habit reflète le statut et l'identité de celui qui crée.
Par la rédaction Walensky · 4 min de lecture

- 1798l'année où la loi range les peintres parmi les artistes
- 1857l'année du portrait de Paul Delaroche en manteau
- 1922l'année de L'Imagier de Joachim Costa
Le musée Bourdelle, à Paris, présente l'exposition L'Étoffe de l'artiste. Elle réunit des vêtements et des accessoires d'artistes, parmi lesquels la blouse bleue de Gustav Klimt et la jaquette de Rosa Bonheur. Le parcours suit l'ordre chronologique, de la fin du XVIIIe siècle à Joseph Beuys, et montre comment l'habit reflète le statut et l'identité de l'artiste.
Lili Davenas, co-commissaire de l'exposition, écrit dans le catalogue que ces vêtements « furent portés, mouillés il y a peu encore par la sueur ». Selon Beaux Arts, ce sont des archives précieuses, plus que des reliques : elles dessinent un portrait en creux de leurs porteurs.
Un changement de statut sert de point de départ. Selon Beaux Arts, les artistes voient leur position évoluer à partir de la fin du XVIIIe siècle. Le 22 octobre 1798, la loi de finances range peintres, graveurs et sculpteurs sous le terme d'artistes. Il s'agit dès lors de montrer sa singularité plutôt que de faire communauté comme les artisans.
Du manteau de fourrure à la mise respectable
tableau:tableau-inspire-par-autoportrait-a-lage-de-34-ans-de-rembrandt-van-rijn-n-2-hommage-artiste-celebre|Autoportrait à 34 ans|Inspiré par Rembrandt van Rijn|portraitLa toque d'atelier est un couvre-chef souple, courant chez les créateurs du XIXe siècle, que l'on voit déjà dans des autoportraits de Raphaël, de Léonard de Vinci et de Rembrandt. Le portrait de Paul Delaroche, peint en 1857 par Joseph-Nicolas Robert-Fleury, le montre dans un manteau doublé de fourrure, signe d'élégance, de succès et de fortune selon Beaux Arts.
tableau:tableau-inspire-par-la-gare-saint-lazare-de-claude-monet-n-2-hommage-artiste-celebre|La gare Saint-Lazare|Inspiré par Claude Monet|gaucheLes impressionnistes Claude Monet, Frédéric Bazille et Edgar Degas suivent la mode masculine de la fin du siècle, en privilégiant une mise respectable, que Lili Davenas décrit comme un poncif du dandysme moderne. Les costumes extravagants des romantiques du début du XIXe siècle sont en revanche absents de l'exposition.
Rosa Bonheur et Klimt, des vêtements personnalisés
Rosa Bonheur portait une jaquette, avec un gilet et une ample jupe, pour travailler à son aise. Rosa Bonheur a demandé une permission de travestissement pour porter un pantalon. Sa veste porte une petite rosette rouge cousue, rappel de sa Légion d'honneur, qu'elle fut la première artiste femme à recevoir. Rosa Bonheur personnalisait ses vêtements d'ornements brodés.
tableau:tableau-inspire-par-portrait-dadele-bloch-bauer-de-gustav-klimt-n-2-hommage-artiste-celebre|Portrait d'Adèle Bloch-Bauer|Inspiré par Gustav Klimt|portraitGustav Klimt a fait de même avec sa blouse bleue, sans doute avec l'aide de sa compagne Emilie Flöge, couturière. Selon les commissaires, sa coupe large rappelle autant les caftans, les tuniques coptes et les sarafanes russes que les kimonos japonais.
Au XXe siècle, l'habit affirme aussi une identité choisie. Romaine Brooks et Marie Laurencin jouent d'androgynie, Claude Cahun se met en scène au masculin et Marcel Duchamp se réinvente en Rrose Sélavy. Léonard Foujita conçoit une vareuse bretonne dans un tissu japonais, tandis que Frida Kahlo emprunte ses habits aux artisans tehuana.
Le parcours s'achève avec Joseph Beuys, dont le costume de feutre gris, matériau fétiche, était porté lors de performances. Selon les commissaires, cette tenue sobre et austère, liée à la légende de l'artiste, tient lieu de Beuys lui-même. Comme les pois de Yayoi Kusama ou la marinière de Pablo Picasso, l'habit devient une identité et non un simple accessoire.
Notre regard
Cette exposition rappelle qu'un artiste se présente aussi par ce qu'il porte, bien avant de montrer ses toiles. Nous y voyons une façon de regarder un tableau en pensant à la personne qui l'a fait, à ses gestes et à sa manière de se tenir devant le monde.
Source : Beaux Arts.
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