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La BnF expose l'œuvre graphique de Louise Bourgeois à Richelieu
La Bibliothèque nationale de France consacre une exposition à l'œuvre graphique de Louise Bourgeois (1911–2010), sur son site Richelieu, à Paris. Pour la première fois, les fonds de la BnF et ceux du Centre Pompidou y sont réunis.
Par la rédaction Walensky · 3 min de lecture

- 2008année de la dernière rétrospective à Beaubourg
- 11grands panneaux composent l'ensemble Extrême tension
- 1938l'arrivée de l'artiste aux États-Unis
La Bibliothèque nationale de France (BnF) présente Louise Bourgeois – Extrême tension. Dessins et gravures sur son site Richelieu, à Paris. L'exposition est consacrée à l'œuvre graphique de l'artiste, née en 1911 et disparue en 2010. C'est la première fois que les fonds de la BnF et ceux du Centre Pompidou sont réunis.
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Près de vingt ans se sont écoulés, selon Beaux Arts, sans exposition Bourgeois dans une institution publique : la dernière rétrospective, à Beaubourg, date de 2008, peu avant sa disparition. Le grand public connaît surtout Louise Bourgeois pour ses Maman, des sculptures d'araignées aux pattes filiformes installées dans le monde entier.
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Les dessins et gravures, selon Beaux Arts, sont la source de son travail, mais ils ont longtemps été éclipsés par ses créations monumentales. L'exposition en révèle un pan méconnu, dans un parcours chronologique qui couvre toute la carrière.
Un parcours né aux États-Unis
Louise Bourgeois arrive aux États-Unis en 1938, après son mariage avec l'historien de l'art Robert Goldwater. Elle se forme au dessin et à la gravure à l'Art Students League, puis dans l'atelier de Stanley William Hayter. Cet atelier était fréquenté par Jackson Pollock, Louise Nevelson et des artistes européens en exil pendant la guerre, dont Joan Miró et Max Ernst.
Son premier livre d'artiste, He Disappeared Into Complete Silence, alterne textes et gravures. Son goût pour l'ironie y perce déjà, selon Beaux Arts.
« Si la pratique du dessin constitue la base de son art, elle permet aussi de parcourir tous les thèmes de l'œuvre de Louise Bourgeois ».
Marie-Laure Bernadac, commissaire générale de l'exposition
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Parmi ces thèmes, la commissaire cite l'écriture, les motifs architecturaux, la sexualité et la maternité. On y croise l'araignée, la femme-maison, figure hybride qui associe corps féminin et architecture, et le corps blessé, meurtri puis réparé. Des gouaches rouges de la fin de sa vie abordent la grossesse et l'accouchement, des sujets tabous selon Beaux Arts.
Extrême tension, le clou de l'exposition
Les grands formats intitulés Extrême tension, qui donnent son nom à l'exposition, en sont le clou selon Beaux Arts. Réalisé trois ans avant la mort de l'artiste, l'ensemble compte onze grands panneaux. On y voit des estampes retouchées à la gouache, à l'encre ou au graphite, accompagnées de mots écrits de la main tremblante de l'artiste.
Le texte reprend une écriture de 1959 et énumère des parties du corps, du crâne aux orteils, dont l'œsophage et le rectum. Il évoque les sensations d'un corps qui vieillit et se dégrade. Selon Beaux Arts, Bourgeois s'y montre comme un animal pourchassé par la mort, qui se bat pour survivre.
Son travail graphique est obsessionnel : les matrices, c'est-à-dire les plaques gravées, sont reprises et retravaillées sans cesse. Le MoMA met son catalogue raisonné en accès libre sur internet. Pour l'artiste, les dessins sont des pensées-plumes, c'est-à-dire des idées attrapées au vol et mises sur papier, car toutes ses pensées sont visuelles. Le dessin lui sert aussi de journal, pour exorciser ou analyser ses peurs quotidiennes.
Notre regard
Cette exposition rappelle qu'une feuille de papier, modeste en apparence, peut contenir toute la force d'une œuvre. Un dessin accroché chez soi peut ainsi se regarder longtemps, comme on relit une page de journal.
Source : Beaux Arts.






