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Dzubas: ses peintures noir et blanc exposées chez Nathalie Karg

La Nathalie Karg Gallery, dans le Lower East Side à Manhattan, présente avec Nicolas Graille, de la galerie Jules Lazare, « Friedel Dzubas: Darkness into Light ». L'exposition réunit les peintures noir et blanc, rarement vues, du peintre né à Berlin en 1915.

Par la rédaction Walensky · 4 min de lecture

Une salle de galerie lumineuse, dans un ancien bâtiment scolaire, avec de grandes peintures abstraites noir et blanc accrochées au mur.
Image d'illustration
  • 1962l'année de leur première présentation à New York
  • 12œuvres de la série noire dans la collection Ernst
  • 2027l'année de la rétrospective prévue à Wiesbaden, en juin

La Nathalie Karg Gallery présente, dans le Lower East Side à Manhattan, l'exposition Friedel Dzubas: Darkness into Light. Organisée avec Nicolas Graille, de la galerie Jules Lazare, l'exposition réunit, dans une salle qui leur est consacrée, des peintures noir et blanc de Dzubas, rarement vues.

Le lieu a son importance. Le bâtiment de la galerie était autrefois une école appartenant à l'église ukrainienne voisine. Selon Robert Keith, directeur de la galerie, Dzubas aurait été très fier d'y voir ses œuvres. Nathalie Karg, la galeriste, ajoute que si Dzubas voit d'en haut ses œuvres exposées là, il est sûrement très heureux.

Une chapelle rêvée, jamais obtenue

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Friedel Dzubas, né à Berlin en 1915 d'une mère catholique et d'un père juif, a quitté l'Allemagne nazie pour les États-Unis en 1939. Il a connu Jackson Pollock, partagé un atelier avec Helen Frankenthaler et été l'ami du critique Clement Greenberg. Il a aussi exposé à la galerie de Leo Castelli en 1958.

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Le plus souvent, Dzubas a peint de grandes toiles abstraites colorées, proches de la Color Field, un courant où de vastes champs de couleur occupent la toile. Au début des années 1960, il traverse une brève période sans couleur : une série de peintures noir et blanc, à la fois douces et austères. Il rêvait de trouver une chapelle baroque en Europe et d'en couvrir les murs de ces peintures, mais il n'a jamais eu sa chapelle.

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Les peintures mêlent marques noires, lavis gris, lignes en boucles et réseaux denses de coups de pinceau, entre les dessins à la craie de Twombly et le chaos maîtrisé de Pollock. Certaines ressemblent à une écriture illisible, d'autres suggèrent des croix, des figures ou des scènes religieuses. Plusieurs ont des bordures intégrées à la composition, qui évoquent les cadres ornés des maîtres anciens et donnent l'aspect d'objets de dévotion. Parmi les titres : Temptation, Betrayal, Rex et Walpurgis.

Des œuvres longtemps négligées

Montrées en 1962 à la Robert Elkon Gallery, ces peintures ont reçu un accueil mitigé. Brian O'Doherty, dans le New York Times, les jugeait sombres et peu convaincantes. Donald Judd, alors jeune critique, était plus favorable. Karg parle d'un mauvais moment, le monde de l'art se tournant vers le Pop art. Dzubas est vite revenu à la couleur.

« Pour moi, cet ensemble est probablement le plus négligé de toute sa carrière, et le plus original, le plus personnel qu'il ait réalisé ».

Nicolas Graille, de la galerie Jules Lazare (propos traduits de l'anglais)

Le voyage de 1959 éclaire cet intérêt pour le sacré. Devenu citoyen américain, Dzubas retourne en Allemagne pour la première fois depuis vingt ans. Il parcourt l'Allemagne et l'Autriche, visite des églises baroques et séjourne dans un monastère. Ce voyage semble avoir réveillé son intérêt pour les traditions catholiques de son enfance.

Du côté du marché, les ventes annuelles aux enchères de Dzubas sont passées de 468 226 $ en 2016 à plus de 1,6 million de $ en 2025. Le collectionneur allemand Reinhard Ernst possède douze œuvres de la série noire, dont certaines sont prêtées à New York. Son musée de Wiesbaden prévoit une rétrospective Dzubas en juin 2027. Selon Graille, l'exposition est presque épuisée.

Notre regard

Cette exposition rappelle qu'une œuvre peu appréciée à son époque peut trouver plus tard le lieu et le regard qui lui conviennent. Nous y voyons un encouragement à laisser du temps à ce qui nous déconcerte d'abord, et à accorder au noir et blanc la même attention qu'à la couleur.

Source : ARTnews.